L'acné, une maladie aux multiples causes – Beautyandblack

L'acné, une maladie aux multiples causes

L'acné n'est pas seulement une affection des adolescents. C'est une maladie qui nous touche aussi nous les adultes. Néanmoins, son impact psychologique est bien plus important chez les jeunes dont la culture du paraître occupe une place généralement prépondérante à cet âge charnière. Une étude rapporte ainsi que, sur 852 adolescents interrogés :

  • 66% ont eu des problèmes d'acné,

  • 16% des membres de ce dernier groupe ont eu des crises d'acné sévère,

  • 49,6% d'entre eux ont eu un acné supérieur à 12 mois,

  • 80,8% ne considéraient pas l'acné comme une maladie,

  • 38,6 % d'entre eux n'avaient pas consulté un médecin,

  • 66% des adolescents voulaient en savoir plus sur l'acné.

 

Peut-être auraient-ils alors su, comme nous allons l'apprendre ici, que l'acné peut être favorisée, entretenue même, par des habitudes de vie dont on peut plus ou moins facilement se débarrasser. Ainsi, je vous expliquerai en quoi les excès de sucre, de lait ou encore de maquillage ont un impact direct sur nos crises acnéiques. Pour l'instant, nous allons commencer par définir cette pathologie.

 

Visage acné

 

La définition de l'acné

Larousse définit l'acné comme une "dermatose due à une inflammation des follicules pilo-sébacées, caractérisée par des boutons (comédons, papules, nodules, pustules), siégeant principalement sur le visage". Comme souvent avec les définitions, une fois qu'on l'a lu, d'une part on n'en sait pas beaucoup plus, d'autre part il faut chercher la définition des termes de la définition. Comme "dermatose" ou "follicules pilo-sébacées".

 

Pour répondre à la question de l'acné plus en profondeur, je vais donc y consacrer un article un peu long mais complet. Comme sous-entendu par les mots "dermatose" et "follicules pilo-sébacées", je devrais d'abord commencer par présenter la peau et son fonctionnement. J'en avais déjà parlé dans l'article sur le visage pour ceux qui nous suivent de près.

 

Néanmoins, au vue du caractère technique de cette partie, je vais tout d'abord m'atteler à vous présenter ce qui intéresse la vaste majorité d'entre nous : les facteurs aggravants de la maladie sur lesquels nous pouvons jouer pour calmer nos crises voire même les faire disparaître. C'est loin d'être une promesse en l'air, comme nous allons le voir.

 

Les facteurs aggravants la crise acnéique

L'on compte communément sept facteurs favorisant ou aggravant la crise acnéique. Nous pouvons agir positivement sur cinq de ces facteurs car le sixième est le facteur génétique. Ce sont les suivants:

  • L'alimentation,

  • Le tabac,

  • Le soleil,

  • L'hygiène de la peau et les produits cosmétiques,

  • Le stress,

  • La génétique.


L'alimentation : une profonde remise en question

"Notre sommes ce que nous mangeons", titrait Jane Goodall dans l'un de ses ouvrages dont l'idée est souvent associée à Hippocrate. Ils n'avaient que trop raison. Non seulement la malbouffe nous tue mais en plus elle nous enlaidit.

 

Phare de la culture occidentale, la gastronomie est dans tous les guides touristiques mais elle est bien loin d'être dans toutes les bouches. Les classes pauvres et moyennes ne se nourrissent plus de châtaignes à la place du pain comme le dénonçait Fourier dans un ouvrage de 1829 en parlant de huit millions de français ("Le nouveau monde industriel" pour faire court), mais nous nous nourrissons des plats préparés, des snacks, des knacks et autres barbaques.

 

Nos habitudes alimentaires qui sont souvent les moins chères et toujours les plus rapides ont des conséquences que l'on ne soupçonnait pas jusqu'à il y a peu. Ou peut-être les soupçonnions-nous mais ne voulions nous pas en voir les conséquences. Je pourrais voir le mal partout et crier au scandale des lobbyistes que l'on m'accuserait de faire le jeu de la théorie du complot. Je vais donc m'en garder et alimenter mon propos de faits. Car, lorsque des connaissances qui ont servi de traitement d'appoint dans la lutte de l'acné sont oubliées pour être redécouvertes ensuite, on croit rêver.

 

Une étude publiée en 2012 qui nous le rappelle pourtant très bien soulignait, dès sa première phrase, que l'acné est une maladie commune aux nations occidentales, particulièrement parmi les adolescents et les jeunes adultes. Ce traitement d'appoint était d'usage de la fin du XIXème siècle au début du XXème siècle. L'étude ajoute que c'est durant les années 1960 que le lien entre nutrition et acné s'est effondré. Pourtant, du peu de recherches menées sur le sujet depuis les années 1960, le rôle néfaste joué par le sucre revient sans cesse.

 

La science en est venue à faire un clin d’œil à des philosophes comme Thoreau, qui considéraient qu'il y avait chez les Indiens une sagesse que les Américains issus de l'Europe devaient épouser. Cette sagesse reposait entre autre dans leur alimentation. Nous mangeons trop et trop mal. Nous nous intoxiquons avec notre propre nourriture. Et je ne parle pas d'un philosophe du XIXème siècle et de ses voisins Indiens pour rien.

 

En 1885 déjà, puis en 1908, deux études faisaient un lien entre l'acné, le chocolat, le sucre et la graisse. Pourquoi ? Parce que les observateurs s'étaient rendus compte que les populations Inuit, japonaises ou encore Zoulou ne présentaient pas d'acné ! Tout cela grâce à leurs habitudes alimentaires, bien différentes des nôtres en Occident.

 

Le grand retour de la diététique dans le traitement de l'acné s'est fait dans les années 2000 avec notamment une étude prenant comme populations de références les Kitavan (une ethnie habitant en Papouasie Nouvelle-Guinée) et les Aché (une ethnie de chasseurs-cueilleurs du Paraguay). Il n'y a pas de hasard. Les scientifiques les avaient sélectionnés car leur population ne présente aucun cas d'acné.

 

Les glucides

Taux de sucre indice glycémique

Le rôle des glucides, et donc du sucre, a été mis en évidence par l'étude que je viens de citer. Elle prenait bien soin de préciser que l'acné dont nous souffrons en Occident y est presque universelle puisqu'elle touche 79% à 95% de la population adolescente !

 

Pire, au-delà de 25 ans, elle touche encore 40% à 54% des adultes. On en compte même à un âge plus avancé à hauteur de 12% pour les femmes et 3% pour les hommes. C'est ce que je serais tenté d'appeler un problème de santé publique si cette pathologie en particulier n'était pas principalement esthétique. Pour ce qui est du sucre, je ne ferai pas de commentaire, je n'en pense pas moins.

 

Pour mesurer l'incidence du sucre, le concept de charge glycémique a été développé. Son calcul est le suivant :

 

charge glycémique = (Indice glycémique x quantité de glucide dans une portion d'aliments (en gramme)) / 100.

 

Les résultats s'analysent comme suit :

  • résultat inférieur ou égal à 10 = charge glycémique faible,
  • résultat situé entre 11 et 19 = charge glycémique modérée,
  • résultat supérieur ou égal à 20 = charge glycémique élevée.

 

La charge glycémique élevée entraîne une hyper insulinémie (taux d'insuline à jeun supérieur à 15mUI/ litre de sang soit 15 millième d'unité internationale) qui influe sur une hormone appelée IGF-1. Cette hormone qui joue un rôle majeur dans la croissance et le métabolisme des mammifères, va augmenter et contribuer à la prolifération des cellules dans les follicules pilo-sébacées.

 

Si là, vous êtes perdu, c'est normal. C'est parce que j'ai choisi de vous présenter les causes de l'acné à la fin de l'article pour ne pas trop vous ennuyer avec les termes techniques. Ce qu'il faut retenir est simple. Une grande consommation de sucre a un impact direct sur l'acné. Vous pouvez retrouver un tableau des index glycémiques ici.

 

On lie ainsi que les céréales du petit-déjeuner ont une charge glycémique de 20,2. On note également, et c'est là que ça se complique, que des pommes de terre cuites à l'eau ont une charge glycémique de 31,2, tandis qu'une purée de pommes de terre aura une charge de 24,4. Il en va de même pour les pâtes avec une différence notable entre les pâtes complètes (15,1) et les spaghettis blancs biens cuits (20).

 

Consommer moins de graisses

Graisse

Les lipides, qui sont les graisses que nous consommons, favoriseraient l'apparition de l'acné. Une étude chinoise menée sur 5 696 étudiants a permis de déterminer que, parmi les facteurs aggravants l'acné, se trouvaient les régimes riches en gras ainsi que les aliments frits.

 

Toutefois, l'étude ne se bornait pas à ce seul facteur et déterminait les éléments suivants comme favorisant l'acné, par ordre d'importance :

  • cas d'acné dans la famille,
  • stress,
  • troubles menstruels,
  • insomnies fréquentes,
  • régime riche en graisses,
  • être de sexe masculin,

les douleurs menstruelles (dysmenorrhoea),

  • l'anxiété,
  • un temps de sommeil inférieur à 8 heures,
  • la dépression,
  • les aliments frits,
  • la pression des études,
  • la nourriture épicée,
  • la peau grasse ou mixte.

A l'inverse, l'étude révélait que les éléments suivants permettaient de lutter contre l'acné:

  • la peau grasse ou neutre,
  • une consommation fréquente de fruits,
  • une utilisation des appareils numériques inférieure à 2 heures par jour.

Ce dernier élément peut sembler inopportun mais il a en réalité tout à voir avec la qualité du sommeil. Une trop grande utilisation des appareils numériques nuit à la qualité et à la durée de notre sommeil.

 

Méfiez-vous de la surconsommation de produits laitiers

Consommation produits laitiers

Au cours des années 2000, plusieurs études ont montré un lien entre la consommation de produits laitiers et les crises d'acné. Le rôle des produits laitiers proviendrait de la teneur hormonale présente dans le lait et de l'augmentation de l'hormone IGF-1 dans le corps. Parmi les composants du lait on retrouve notamment :

  • des oestrogènes,
  • des précurseurs androgéniques,
  • de la progestérone,
  • des stéroïdes,
  • l'iode (qui ne provient pas directement du lait mais de la nourriture offerte aux animaux, à la désinfection des pis de vache et du matériel dédié à la traite) avec un antiseptique contenant de l'iode.

 

Certains de ces éléments, hormis l'iode dont les études sont encore trop faibles, ont une influence directe sur l'acné en favorisant l'inflammation et les conditions de sa mise en place dans le follicule pilo-sébacé.

 

Il a également été démontré qu'une consommation de lait écrémé avait un impact négatif plus important que la consommation de lait entier. L'écrémage du lait pourrait modifier la composition du lait en ce qui concerne les hormones et en faire ainsi un aliment plus comédogène.


Freinons (un peu) sur le chocolat

Chocolat et cacao

En 2012, une étude révélait une corrélation franche entre la consommation de chocolat contenant 100% de cacao et l'apparition d'acné. Le nombre de lésions était de plus corrélé à la quantité de chocolat ingérée. Néanmoins, l'étude ne comptait que 10 participants et ne s'est étendue que sur une période de sept jours quand d'autres études ne trouvaient entre le chocolat et l'acné aucun lien apparent.

 

Restons calme car le stress est un facteur aggravant

Stress et acné

Bien que la production de sébum ne soit pas influencée par le stress, ce dernier est décrit par ceux souffrant d'acné comme un facteur déclenchant les poussées. Néanmoins, les études menées n'ont pas pris en compte le nombre d'heures de sommeil ou l'alimentation dans leur analyse qui révélait des poussées acnéiques chez des étudiants californiens avant et pendant les examens. Pour calculer notre stress nous pouvons utiliser, comme dans le cadre de cette étude, une échelle de mesure du stress que l'on peut trouver sur le site d'atousanté.

 

Selon certains chercheurs le stress favoriserait la sécrétion des neuropeptides CRH et P qui joueraient un rôle majeur dans la lipogenèse, autrement dit dans la synthèse des lipides et des acides gras.

 

Toutefois, il n'y a pas que l'alimentation qui joue un rôle dans nos crises acnéiques.

 

La consommation de tabac, une fausse bonne idée ?

Cigarettes

"Fumer tue", c'est écrit sur nos paquets, à côté des images de poumons calcinés et d'opérations chirurgicales en couleur. Toutefois, la consommation de tabac aurait-elle aussi un lien avec nos crises d'acné. Rien n'est moins sûr. Les études sont contradictoires mais permettent toutefois de déterminer que les fumeurs ont un sébum riche en peroxyde de squalène et une forte réduction de la vitamine E dans le sébum (-50%).

 

Le peroxyde de squalène est considéré comme favorisant l'acné et expliquerait l'effet négatif de la consommation de tabac sur les crises acnéiques. Néanmoins, d'autres études ont fait mieux en démontrant non seulement que le lien entre consommation de tabac et acné était nul mais surtout que le tabac aurait un effet protecteur sur l'acné sévère. Ainsi, selon l'étude des docteurs Klaz, Kochba et autres, la relation entre l'acné sévère et la consommation quotidienne de tabac apparaissait au-delà d'une consommation de 21 cigarettes par jour.

 

En gros, selon cette étude, à partir d'un paquet par jour vous vous protégeriez contre les crises sévères d'acné. Les scientifiques à l'origine de cette enquête ne nous invitent pas à devenir les clients de Marlboro ou de Philip Morris. Ils émettent plutôt l'hypothèse que des traitements basés sur la Nicotine pourraient avoir un impact positif sur les poussées d'acné sévère.

 

Ne commencez donc pas à fumer ou à accroître la quantité de cigarettes que vous fumez déjà pour rentrer dans les standards de cette étude. Au lieu de l'acné vous développerez d'autres pathologies que nous connaissons déjà tous très bien. Les mises en garde des gouvernements étant dans tous les esprits.

 

Par ailleurs, les recherches étant contradictoires, une acné des fumeurs a été rapportée, notamment chez les femmes adultes consommatrices de tabac. Il s'agit d'une acné à prédominance comédonienne. Si la consommation de tabac semble avoir un effet bénéfique chez les adolescents, ce serait tout le contraire chez les femmes adultes chez lesquelles l'acné serait beaucoup plus fréquente que chez les non-fumeurs : 41,5% d'acnéiques chez les fumeurs contre 9,7% chez les non-fumeurs.

 

L'influence de notre génétique

ADN

Je vous vois venir : "si ça se trouve les Papous, les Paraguayens ou les Japonais, ont une autre génétique que les occidentaux". Certes, notre génétique diffère quelque peu d'un continent à l'autre, avec des différences notables dans notre diversité génétique, à nous les africains. Si la question vous intéresse vous pouvez lire cet article. Néanmoins, elle ne peut pas expliquer à elle seule l'absence d'acné chez les uns et son universalité chez les autres.

 

Dès 1958, le rôle de l'hérédité a été mis en évidence dans la prévalence de l'acné. Elle serait plus précoce, plus importante, plus complexe à soigner et plus grave chez les sujets avec antécédents familiaux. Notre génétique aurait notamment un effet sur nos androgènes qui sont directement associés à l'acné. Il en va de même pour cette fameuse hormone IGF-1 qui, génétiquement, peut circuler en plus grande quantité dans le corps.

Je vais enfoncer une porte ouverte mais contre la prévalence d'acné liée à la génétique il n'y a pas de traitement possible de la cause. On ne peut pas changer sa génétique. On peut toutefois influer sur l'ensemble des autres facteurs que j'ai présentés précédemment et sur ceux dont je vais encore parler que sont l'hygiène de la peau, les produits cosmétiques et le soleil.

 

L'hygiène de la peau et les produits cosmétiques

Produits cosmétiques

Avoir de l'acné ne signifie pas qu'il faut arrêter de se laver. Rangez les déodorants 72 heures (qui ne se lave pas pendant 3 jours ?) et filez sous la douche. Bien que certains acnéiques pensent que se laver le visage aggrave leur crise, rien n'est moins sûr. Aucune étude n'a réussi à démontrer que se nettoyer le visage permettait de lutter contre l'acné ou au contraire l'aggravait.

 

Donc, pour celles et ceux qui n'aiment pas se laver, continuez de dire que c'est à cause de l'acné. Pour celles et ceux qui aiment se laver, ne soyez pas tenté d'arrêter en vous disant que cela aura un impact positif sur vos crises acnéiques. Ce serait peu probable.

 

Toutefois, ne mettez plus de produits cosmétiques comédogènes. Tous les produits cosmétiques ayant pour conséquence une occlusion des pores sont à proscrire. Ils favorisent l'acné au point qu'un terme est utilisé pour qualifier cet acné : on parle ainsi depuis 1972 "d'acné cosmétique".

 

Faut-il se protéger du soleil ?

Soleil

Le soleil est loin de faire consensus sur la question de l'acné. Des études, dont l'une effectuée en Arabie Saoudite (autant dire que ça chauffe), ont mis en avant une saisonnalité de l'acné qu'ils ont liée à l'effet des UV. Ils ont en effet constaté que les patients avaient plus d'acné en hiver et moins durant les mois particulièrement ensoleillés.

 

En 2009, des chercheurs ont constaté que la lumière bleue et la lumière rouge étaient plus efficaces à court terme qu'une crème contenant du peroxide benzoyl à hauteur de 5%. Cependant, sur le long terme ou pour les patients atteints d'acné sévère la question de l'efficacité de ce traitement à la lumière se pose réellement.

 

En effet, la lumière du soleil induit un épaississement de la couche cornée et donc un effet rebond. C'est-à-dire une augmentation de la production de sébum. De plus, certains des médicaments utilisés dans le traitement de l'acné entraînent une sensibilité aux rayons du soleil. Autant dire que l'exposition au soleil pour soigner son acné n'est pas l'idée la plus glorieuse que l'on puisse avoir.

 

D'ailleurs si l'acné issu des produits cosmétiques a trouvé son petit nom, l'acné dû au soleil a aussi trouvé le sien. On l'appelle "acné de Majorque".

 

Maintenant que je vous ai parlé des facteurs aggravants l'acné, il est temps de rentrer dans le vif du sujet et de continuer par là où j'aurais dû commencer, à savoir par ce qu'est l'acné et ce qui la cause dans notre métabolisme. Ensuite, j'enchaînerai avec les différents types d'acné car, outre notre acné cosmétique et notre acné de Majorque, la liste ne s'arrête pas là.

 

L'acné, une maladie

L'acné est une maladie chronique inflammatoire. Elle se caractérise par une hyper séborrhée (c'est-à-dire une surproduction de sébum), des lésions non inflammatoires et inflammatoires. Qu'est-ce qui les différencie ? C'est là qu'on en revient à notre définition. Par bouton, Larousse nous glisse entre parenthèses "comédons, "papules", nodules" et "pustules". Eh bien les comédons (ou points noirs), sont des lésions non inflammatoires tandis que les papules, les nodules et les pustules sont des lésions inflammatoires.

 

Quelle différence entre papule, pustule et nodule ?

Tableau stades de l'acné
Sources : http://www.advancedskinwisdom.com/wordpress/2011/cosmetic-dermatologist-and-surgeon-nj/acne-and-acne-scar-treatment/


En prenant les éléments dans l'ordre, l'acné débute de la manière suivante : un comédon (ou point noir) se développe. On verra pour quelle raison un peu plus tard. On appelle ce comédon une "lésion élémentaire". La papule se forme sur le comédon et apparaît comme une légion de couleur rouge. Cette lésion est fermée et va soit disparaître soit s'infecter. Dans le cas d'une infection, la papule se transforme en pustule.

 

La pustule se caractérise par l'apparition d'un point blanc. Comme nous le savons toutes et tous, ce point blanc est rempli de pus car formé de peaux mortes et de bactéries. Ces pustules peuvent se percer vers l'intérieur de la peau. Cette étape donne naissance à ce que l'on appelle les nodules. Il s'agit d'une infection profonde de la peau. Ils peuvent ensuite se transformer en abcès, se rompre ou donner lieu à des cicatrices.

 

Pour quelle raison l'acné se situe-t-il principalement sur le visage ?

Voici qu'arrive le terme contenu dans la définition de "follicules pilo-sébacées". L'acné se répartit principalement sur le visage, la poitrine, le cou, les épaules et le dos. Cette répartition est directement liée à la densité des unités pilo-sébacées. Une unité pilo-sébacée est une unité qui contient "la tige du poil, le follicule pileux, la glande sébacée et le muscle érecteur" comme le rappel cet article. Le visage n'est donc pas nécessairement la partie la plus touchée mais elle est incontestablement la partie la plus visible. C'est donc lorsque nous avons de l'acné sur le visage que nous y prêtons le plus d'attention. Le blog Bioalternatives nous apprend que notre peau est en moyenne pourvue de 2 millions de glandes sébacées. Sur ces 2 millions, on en compte 400 à 900 par centimètres carré sur le visage.

 

Les causes de l'acné

L'acné a pour moteur quatre éléments interdépendants dont on ignore paradoxalement le fonctionnement complet :

  • l'hyperséborrhée,
  • l'hyperkératinisation du follicule pilo-sébacé,
  • le développement de la bactérie Propionibacterium acnes,
  • l'inflammation.

 

Voyons ces quatre éléments de manière à mieux comprendre l'articulation de la maladie.

 

L'hyperséborrhée

Je vous en ai parlé dans notre article sur le visage. L'hyperséborrhée est une surproduction de sébum des glandes sébacées. C'est cette hyper production qui est l'origine de la peau grasse. Je vais entrer un peu plus en détail concernant le sébum car c'est un liquide très intéressant qui n'est pas encore totalement compris par la communauté scientifique. Il fait en effet toujours l'objet d'études.

 

Le sébum est formé de lipides qui permettent la régulation de l'équilibre dynamique de la peau (on parle d'homéostasie, qui est cependant un terme qui s'applique également pour la pression artérielle, ou encore la température du corps). Néanmoins, la sécrétion de sébum n'est qu'une partie de l'homéostasie qui regroupe d'autres phénomènes tels que la pigmentation, la cicatrisation, l'immunologie ou encore le métabolisme.

 

La composition du sébum change fortement d'un individu à l'autre mais ce que démontrent les études est que sa composition est modifiée chez les personnes acnéiques. On constate ainsi une augmentation de la concentration en peroxyde de squalène Cette modification de la composition du sébum aurait un rôle plus important dans la survenue de l'acné que la quantité de sébum produite même si, la quantité de sébum mettrait en place un terrain propice au développement de Propionibaterium acnes du fait de sa richesse en lipides. Certaines des molécules présentes dans le sébum, dont le squalène, mais aussi l'acide palmitique ou les acides gras insaturés sont cytotoxiques et irritants. Cette caractéristique mène à l'hyperkératinisation du follicule pilo-sébacé et à la formation de comédons. Je vous rappelle au passage que la formation des comédons est la première étape de l'acné.

 

L'hyperkératinisation

Pour faire au plus simple, l'hyperkératinisation est le résultat de deux évènements qui reposent tous deux sur les kératinocytes. Que sont les kératinocytes allez-vous me demander ? Ce sont les cellules qui forment la couche superficielle de la peau. L'hyperkératinisation est caractérisée par une augmentation du nombre de kératinocytes (ce qui s'appelle une hyperkératose dans le jargon médical) et par une plus grande adhésion des kératinocytes (ce qui s'appelle une dyskératose dans le même jargon). Cette prolifération de cellules vient boucher le canal excréteur du follicule pilo-sébacé. Le sébum ne peut donc plus s'échapper ce qui amène à l'apparition d'un comédon.

 

Toutefois, l'acné ne résulte pas uniquement de l'hyperséborrhée et de l'hyperkératinisation. Elle résulte également d'une bactérie que l'on connaît depuis un bout de temps. Elle a pris, au fil du temps, le doux nom de Propionibacterium acnes. Elle était déjà citée, sous le nom de Bacillus acnes, dans un rapport de l'hôpital John Hopkins de Baltimore (Etats-Unis) en 1900 mais son rôle dans l'acné avait déjà été évoqué en 1896.

 

Propionibacterium acnes

Cette bactérie au doux nom latin joue un rôle majeur dans nos crises d'acné. En effet, elle agit directement sur le sébum via la stimulation des sébocytes. La bactérie les stimule pour qu'ils synthétisent une prostaglandine (à ne pas confondre avec le non moins fameux Toniglandyl des Nuls). Cette stimulation entraîne ce qui s'appelle une lipogenèse, autrement dit une synthèse des lipides et des acides gras. La libération d'acides gras mène à une réaction inflammatoire car ils irritent les cellules du follicule sébacé.

 

Je vous ai parlé de la dyskératose un peu plus haut, qui est la plus grande adhésion des kératinocytes. Eh bien, nos acides gras participent directement à cette plus grande adhésion. Cette augmentation de l'adhésion profite également pour la bactérie P. Acnes qui peut ainsi s'accrocher plus sérieusement aux cellules du follicule pileux. Il n'est ainsi pas rare de trouver plus de bactéries dans un même follicule pileux. Bonjour l'inflammation.

 

Pire encore, cette présence bactérienne massive produit un biofilm qui protège les bactéries des traitements antibiotiques. Mieux encore, les bactéries sont pourvues d'une molécule appelée autoinducer-2 (ou AI-2). Les AI-2 sont des molécules de communication cellulaires qui font partie de ce que l'on appelle le système de détection du quorum sensing. Ce système de détection a pour rôle d'aider les bactéries à produire et détecter les molécules des autres bactéries présentes dans leur environnement, dont celles de la même espèce. Ce faisant, ce système aide les bactéries à coordonner leur comportement et notamment leur densité. Ce passage d'informations serait important dans le degré de l'inflammation, les bactéries tendant à se reproduire de plus belle en présence d'une forte concentration de leurs congénères.

 

L'étude qui me permet de vous dire cela révèle aussi que 80% des infections microbiennes sont associées avec la présence d'un biofilm qui augmente intrinsèquement la résistance de ses bactéries aux antibiotiques. L'inefficacité des traitements amène la communauté scientifiques à tenter de développer des soins permettant de cibler le système de communication bactérien (quorum sensing).

 

En réponse à cette présence bactérienne, les sébocytes produisent des protéines capables de lutter contre l'infection. Il a d'ailleurs été remarqué que la production de protéines est augmentée en présence de calcitriol, qui est la forme active de la vitamine D. Ainsi, la vitamine a un rôle à jouer dans les soins à apporter contre les crises acnéiques.

 

Le rôle de P. acnes dans la formation des comédons

Une étude réalisée en 2007 a permis de mettre en évidence le rôle majeur que jouait la bactérie P. acnes, tant dans le début de l'inflammation que dans son maintien. Les auteurs de l'étude ont ainsi pu démontrer que la bactérie interagissait avec des protéines dénommées intégrine et filaggrine, ayant pour rôle la gestion des kératinocytes.

 

En effet, la présence d'une grande quantité de filaggrine a été révélée chez les patients acnéiques étudiés. Ce rôle joué dans l'hyperkératinisation amène la bactérie au premier plan quant aux causes de formation des micro-comédons puis des comédons.

 

Il y a P. acnes et p. acnes !

P. acnes, c'est tout une famille ! Il n'y a pas une seule bactérie mais plusieurs types de P. acnes qui n'ont pas le même génome et de loin pas le même pouvoir pathogène. Une série d'études que vous pouvez trouver ici et ici ont étudié le génome de ces petites bactéries. Ils ont distingué l'existence de six groupes distincts appelés IA1, IA2, IB, IC, II et III. Les bactéries de ce dernier groupe auraient le plus grand potentiel inflammatoire. L'analyse des génomes de ces différentes bactéries a permis de déterminer qu'il existait un nombre de souches bactériennes P. acnes et que leur association aux crises acnéiques n'était pas la même.

 

Si vous m'avez suivi jusque-là, vous avez donc compris que l'acné c'est l'hyperséborhée, l'hyperkératinisation et P. acnes dans l'ordre ou dans le désordre. La mécanique complète de la crise acnéique n'a pas encore été totalement percée à jour par la communauté scientifique, bien que ces principaux ressort soient connus. On ne sait donc pas bien ce qui induit le commencement de l'inflammation des tissus.

 

L'inflammation

Les dernières recherches ont certes permis de mieux connaître la maladie qu'est l'acné mais elles n'ont pas permis de lever entièrement le voile sur un fonctionnement qui reste complexe. Ainsi, la glande sébacée pourrait avoir le premier rôle en étant le point de départ de l'inflammation. D'une part, du fait de la surproduction de sébum mais également et surtout du fait de la baisse de qualité du sébum produit. Les chercheurs pensent donc que l'inflammation pourrait être initiée à ce moment-là. Le système immunitaire commencerait alors à réagir et ouvrirait ainsi la voie à l'hyperkératinisation. Une fois ces premiers éléments en place, la bactérie P. acnes ferait son apparition en amplifiant un processus inflammatoire préexistant. D'ailleurs, en l'absence de la bactérie l'acné peut toutefois se développer, preuve qu'elle n'est pas indispensable à la maladie.

 

Les différents types d'acné

Comme je vous l'avais dit avant d'évoquer la définition de l'acné et ses causes, il existe différents types d'acné. C'est le blog d'eucerin qui nous en parle le mieux. L'on distingue ainsi l'acné lié à l'âge, l'acné lié à la sévérité et l'acné lié à des causes exogènes. Concernant l'âge, on distingue:

  • l'acné néonatale, qui touche 20% des nouveau-nés et principalement les garçons,
  • l'acné infantile, qui apparaît entre 3 et 12 mois et qui touche également plus les garçons,
  • l'acné vulgaire, qui touche les adolescents,
  • l'acné tardive, qui est considérée comme telle lorsqu'elle touche des adultes âgés de plus de 25 ans.

 

Concernant l'acné en fonction de sa sévérité, l'on distingue :

  • l'acné comédonnienne, qui est un acné léger touchant généralement le visage. Il apparaît à la puberté et ne laisse que très rarement des cicatrices.,
  • l'acné papulo-pustuleuse, qui est un acné modéré touchant généralement le visage. Elle se rencontre généralement à la puberté et se caractérise par des papules et des pustules. Le risque de cicatrices ou de taches d'hyperpigmentation est réel.
  • l'acné conglobata est une forme sévère. On peut la retrouver dans certains articles, comme celui de Santé magazine sous le nom d'acné kystique. Comme le souligne la docteure Fadoua Idrissi Zaki, cette forme d'acné ne s'arrête pas au visage mais va au contraire s'étendre au cou, à la poitrine, au dos, aux fesses et aux membres après avoir commencé comme un acné classique à la puberté.
  • l'acné fulminant, aussi appelé acné maligne ou ulcéreuse aiguë fébrile. Cette forme grave d'acné touche principalement les hommes car liée à une utilisation de produits stéroïdiens dans le cadre du culturisme ou d'autres sports réclamant une masse musculaire conséquente. Le risque de cicatrice de d'hyperpigmenatation est bien entendu très élevé.

 

Les types d'acné exogènes sont les suivants:

  • l'acné estivale, également appelée l'acné de Majorque. Cette acné serait la conséquence d'une exposition au soleil créant une réaction avec les émulsifiants des produits cosmétiques ou la crème solaire. Elle peut donner suite à des problèmes de pigmentation.
  • l'acné cosmétique, autrement appelé l'acné cosmética ou l'acné du maquillage, est directement liée à l'application sur la peau de produits comédogènes,
  • l'acné excoriée. Elle connaît une multitude de noms : l'acné de la jeune fille, la dermatillomanie, les excoriations neurotiques ou psychogènes. Pour celles et ceux qui ont lu l'article sur le sourcil, le terme "dermatillomanie" n'est pas sans vous faire penser à celui de "trichotillomanie". Vous avez donc compris que, le terme "tillo" venant du grec et signifiant "épiler", "arracher", "extraire" se rapporte ici à cette fantaisie qu'on certaines personnes de gratter compulsivement leurs boutons. Ce type d'acné est souvent la cause de cicatrices, surtout si "dermatillomane" a l'idée d'utiliser un objet tranchant pour ouvrir ses boutons. Ce n'est pas pour rien si l'on va jusqu'à parler d'un "masochisme facial"
  • l'acné mechanica, dite aussi acné mécanique, acné de friction ou acné du sport, elle se développe chez ceux qui portent un vêtement qui ne laisse pas passer la transpiration et qui frotte sur leur peau. Le frottement entraîne une hyperséborrée. Cette affection se traite généralement particulièrement facilement,

  • l'acné médicamenteuse, appelée également acné d'anabolisants ou acné de dopage, survient en cas de surconsommation de stéroïdes ou du fait de la pilule contraceptive. Elle cesse généralement avec l'arrêt de la prise de ces produits. Il existe un risque de cicatrices,

  • l'acné vénérata, autrement appelée acné de contact, est déclenché par une substance entrant en contact avec la peau. Les produits les plus communs dans la cause de développement de cette acné sont les dentifrices, les produits nettoyants puissants, le goudron, le pétrole ou encore le chlore. Cette acné ne dégénère que très rarement en pustules et reste à l'état de comédons.

     

  • l'acné inversa, également qualifiée d'hidradénite suppurative, d'apocrine, d'abcès des glandes sudoripares, de pyoderma fistulans significa ou encore d'acné tétrade, rien que ça, apparaît aux endroits où siègent les glandes sudoripares. Il s'agit donc des aisselles, du pli de l'aine, et de la région anale. Je vais vous en dire un peu plus sur cette forme d'acné particulièrement handicapante.

    L'acné inversa

    La multiplicité de ces appellations est en réalité révélatrice de la grande difficulté qu'avait la communauté médicale à interpréter ce type d'acné, comme le révèlent deux chercheurs de l'université de Münich. Elle fut décrite pour la première fois en 1908 par Hoffmann sans être reliée à l'acné. En 1951, elle fut qualifiée par Kierland de "pyodermas". En 1956, Pillsbury, Shelley et Kligman la qualifièrent d'occlusion folliculaire triade. Le rapport aux glandes sudoripares n'a cessé d'être une erreur d'interprétation de cette affection. En 1975, Plewig et Kligman développèrent le terme d'hidradénite et d'acné tétrade et comprirent que les glandes apocrines ne jouaient aucun rôle dans son apparition. Ce n'est qu'en 1989 que Plewig et Steger développèrent le concept d'acné inversa en lieu et place des termes d'occlusion triade ou d'acné tétrade.

     

    L'apparition de cette affection se retrouve dans toutes les ethnies, chez les deux sexes et touche uniquement les adultes. La compréhension globale de la maladie est fortement limitée et il n'est pas rare de lire sur des sites sérieux de dermatologies les appellations d'acné tétrade ou de triade comme si la mauvaise appellation de la maladie dénonçait sa mauvaise compréhension.

     

    Une étude menée en 1982 a tenté de démontrer que le rasage et l'utilisation de produits dépilatoires, de déodorants et de talc pouvait être une cause de développement de la maladie, sans toutefois y parvenir. L'obésité a également été pointée du doigt comme étant souvent observée avec la maladie. Le rôle de la cigarette a même été évoqué sans être démontré. Les chercheurs ont ensuite émis des hypothèses à tout va allant de l'intolérance au glucose à l'hirsutisme en passant par les vêtements de type jeans ou culotte sans qu'aucun lien sérieux ne soit fait avec cette affection. Toutefois, des cas multiples à l'intérieur de familles laissent supposer un héritage génétique de la maladie sans qu'une confirmation scientifique ne soit apportée.

    Aucun traitement ne permet de guérir cette maladie mais une intervention chirurgicale semble être la solution pour stopper sa progression.

    Si vous êtes atteint de cette affection, comme 1 à 4% de la population européenne, vous pouvez vous référer à cette étude qui conseille fortement, en plus de traitements médicamenteux puis chirurgicaux, de faire évoluer son mode de vie en abandonnant le tabac, en perdant du poids, en adoptant une alimentation saine et en privilégiant des vêtements en coton pour réduire le stress mécanique. Comme vous le voyez, ces conseils découlent des études précédemment citées. L'utilisation de compresses chaudes et l'application de savon topiques et antibactériens serait à privilégier. Les études de cas révéleraient que le respect de ces règles permettrait une amélioration des conditions de vie des patients atteints de cette maladie. Donc, si c'est votre cas, après avoir été diagnostiqué par un médecin vous pouvez suivre ces conseils qui doivent être effectués de concert avec une prise en charge médicale puis, éventuellement, chirurgicale.

    Pour information, l'acné inversa commence comme ça :

    Acné inversa début

    Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5395403/

    Et termine comme ça :

    Acné inversa stade avancé

    Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5395403/

     

    J'ai à peu près fait le tour de ce qui pouvait être dit sur l'acné. Je vous donnerai de plus amples informations sur ces types d'acné et les moyens de les traiter dans notre prochain article.

     

     


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