Les grandes épopées : la reine Nzinga – Beautyandblack

Les grandes épopées : la reine Nzinga

I

 

Qui fus-tu, Toi qui embrassas la chrétienté ?

Qui fus-tu, Toi, pour les laisser te baptiser ?

C'est avec le Diable que tu as pactisé.

N'étais-tu pas aux portugais si accointée,

 

Que l'on t'appela Dona Ana de Sousa ?

Serait-ce l'un de tes descendants Franciscain

Qui t'a faite entrer dans ce manège mesquin ?

Celui qui faisait croire que tu épousas

 

La cause d'un peuple en voie d'asservissement ;

Que tu défendis et son honneur et sa gloire

Parce que sa destinée allait te chaloir 

Ô combien plus que ton propre couronnement ?

 

Qui peut lire dans tes batailles politiques 

Ce qui distingue traîtrise et opportunisme ?

Aversion de l'Ibère et européisme ?

La Hollande n'est-elle pas emblématique

 

De ton extraordinaire duplicité ?

Avec ces parvenus descendu jusqu'au Cap

Tu t'es rassasiée des fruits de leurs agapes

Quand les Bantous criaient ton nom : Complicité.

 

Quelle était, un brin singulière, cette clause

Du traité de paix, demandant aux Portugais

D'assurer le sceptre à ta famille aux aguets ?

Le pouvoir n'était-il pas devenu ta chose ?

 

Pourtant, qui suis-je pour juger de ta conduite

Quand c'est tout un continent conquis qui t'acclame

Imprimant ton visage sur leurs oriflammes ?

C'est bien la preuve qu'il n'y a pas d'inconduite.

 

II

 

Reine Nzinga du Ndongo et du Matamba,

On te remémore assise sur ton esclave,

Abordant ​l'ennemi dans sa nouvelle enclave,

En refusant déjà de l'aviser d'en-bas.

 

Mais le gouverneur te refusa d'Ambaca

Et avec l'image de cette forteresse

Dont il niait le domaine à ta seigneuresse

Tu quittas Luanda et cet indélicat.

 

En faisant assassiner ton jeune neveu 

Pour lui interdire l'accession au trône

Et te ceindre de la meurtrière couronne

L'ennemi sut que tu n'entendrais pas ses vœux.

 

Il se présentait à lui une Borgia,

Une Reine Victoria avant le nom,

Qui entendait condamner l'écrivain Fanon

A n'être rien d'autre qu'un heureux plagiat.

 

A la tête de tes féroces militaires

Tu triomphas de leur armée à Ngolémé. 

De tes sujets tu fus la Reine bien-aimée, 

Qui se refusait à n'être que feudataire 

 

D'un royaume étranger qui usurpait ses terres.

Alors, tu poursuivis l'insolent oppresseur

Qui tenait dans ses mains rougies de dépeceur,

Ors et diamants dont il n'était légataire.

 

Hélas, le Nord a des nations belliqueuses 

Qui, avant d'entrer en territoire africain 

Avaient asservis Alains ou Armoricains. 

De leurs armes tu ne pouvais être vainqueuse. 


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