Les trois facettes du sourire – Beautyandblack

Les trois facettes du sourire

Définition et généralités sur le sourire

Le sourire, se définit comme "prendre une expression rieuse, en esquissant un mouvement particulier des lèvres et des yeux". Au-delà de cette définition plutôt sibylline, je vais vous esquisser les sourire dans toutes ses acceptions. Cela nous aidera à mieux comprendre ce qu'il est réellement : un outil de communication, un outil esthétique et un outil culturel.

 

La docteure Constance Levasseur-Tonolini nous apprend que le sourire réclame le travail d'un nombre de muscles pouvant être de vingt:

Muscles faciaux permettant le sourire

GOUET E, RONCO V, GAILLARD C, PEUCH-LESTRADE G-R, MENINGAUD J-P. Régénération esthétique du sourire. Paris, France: Éditions Med’com; 2015. 392 p.

  1. le muscle orbiculaire de l'oeil (moo),
  2. le muscle élévateur de la lèvre supérieure et du pli du nez (elsan),
  3. le muscle élévateur de la lèvre supérieure (els),
  4. le muscle petit zygomatique (pz),
  5. le muscle grand zygomatique (gz),
  6. le muscle risorius (mr),
  7. le muscle orbiculaire des lèvres (mob),
  8. le muscle abaisseur de l'angle de la bouche (maab),
  9. le muscle abaisseur de la lèvre inférieure (mali),
  10. le muscle mentonnier (mm).

 

Elle nous apprend également que le nombre de sourires différents vaut le nombre d'êtres humains, chacun ayant le sien propre. Néanmoins, chaque sourire peut être classé dans un type particulier sachant que notre sourire est "programmé neuro-musculairement en fonction de la confiance en soi que chacun peut avoir" :

 

  • Le sourire commissural. Il est le plus répandu puisqu'il s'observe chez 67% de la population. Il se caractérise par un relèvement des coins de la bouche qui ne laissent apparaître que les bords incisifs des incisives centrales.

Le sourire commissural de Jennifer Aniston

Le sourire commissural de Jennifer Aniston (source : http://images.4ever.eu/gens/acteurs-et-actrices/jennifer-aniston-226166)

 

  • le sourire cuspidé voit le muscle releveur de la lèvre supérieure principalement activé. Il laisse apparaître les cuspides des canines et les garde souvent le coin des lèvres plus bas que la hauteur de lèvre au niveau des canines supérieures.

Tom Cruise_sourire cuspidé

Le sourire cuspidé de Tom Cruise (source : https://www.goldenglobes.com/person/tom-cruise

 

  • le sourire complexe est le sourire le plus rare. Il ne s'observe que chez 2% de la population. Il laisse apparaître l'ensemble des dents maxillaires et mandibulaires, c'est-à-dire l'ensemble des dents du haut et du bas.

Julia Roberts_sourire complexe

 Le sourire complexe de Julia Roberts (source : https://www.vanityfair.fr/culture/people/diaporama/retour-julia-roberts-en-40-sourires/540)

 

Il est l'un des moyens de communication non verbaux les plus importants. Bien qu'il soit partagé par l'ensemble du genre humain, des recherches récentes ont démontré qu'il obéissait à un dialecte culturel qui pouvait le rendre difficile à appréhender dans le cadre des échanges interculturels.

 

Un moyen de communication non-verbal

 

Le sourire est une action que nous partageons tous. Elle est commune à l'humanité sans lui être unique puisque les singes connaissent aussi cette action. Pour plus d'informations sur le sujet quant aux animaux vous pouvez consulter l'article de Wikipédia relatif au sourire.

 

Le sourire c'est également un moyen de communication et c'est là que cela se complique dans nos rapports inter-ethniques. Plutôt que d'être un vecteur de baisse des tensions entre individus il peut arriver qu'il soit au contraire un facteur de tensions du fait de sa mauvaise interprétation. Je ne sais pas si c'est votre cas mais lorsque je suis arrivée ne Europe certains sourires des français me paraissaient être forcés et me semblaient particulièrement bizarre. Notamment celui que les gens me faisaient lorsqu'ils me voyaient pour le première fois. Je me demandais pourquoi ils forçaient leur sourire. Si tu n'as pas envie de sourire tu ne souris pas et puis c'est tout. En réalité, mon malaise qui est peut-être aussi le vôtre en ce moment parce que vous êtes dans un pays dont vous ne maîtrisez pas encore les codes (et la communication a ses propres codes également) a une explication scientifique.

 

Le psychologue Pascal Thibault, écrivait dans ses recherches sur la perception d'authenticité du sourire, que le marqueur de Duchenne, qui est le marqueur d'authenticité du sourire, "est dépendant de l'origine ethnique de l'observateur ainsi que de l'origine ethnique de la personne qui affiche l'expression. Ainsi, à l'intérieur du contexte occidental, les sourires d'une certaine intensité doivent obligatoirement inclure l'activation de l'Orbicularis Oculi (marqueur de Duchenne) afin d'être perçus comme authentiques." L'auteur parle de "dialecte culturel" et souligne que les membres d'autres cultures non occidentales basent leur jugement sur d'autre marqueurs. Il conclut donc sur le "danger potentiel que dans le cadre d'une interaction impliquant deux individus de différentes cultures, un sourire effectué par l'un des protagonistes soit effectivement reconnu comme signalant de la joie, mais que ce sourire ne soit pas perçu comme authentique et ainsi n'ait pas les effets positifs escomptés."

 

C'est là toute la difficulté de nos communications non verbales. Ce sourire forcé dont je parlais, qui pour moi n'est pas un sourire authentique (et souvent c'est un simple sourire de société), est un mode de communication très présent en Europe et bien moins en Afrique de l'Ouest. C'est ce qui peut participer à compliquer d'emblée nos rapports du fait de ce genre d'incompréhensions. Le marqueur Duchenne, fondamental aux occidentaux pour reconnaître un vrai sourire n'est, selon l'étude, pas du tout pertinent pour les Gabonais qui ont participé aux travaux. Les signaux qu'ils prenaient en compte n'ont toutefois pas été isolés par cette étude et je n'ai pas trouvé d'informations sur le sujet. Aux lecteurs et lectrices qui êtes chercheurs en sociologie ou en psychologie, voici un sujet des plus intéressants : les dialectes non verbaux des groupes culturels.

 

La question se pose donc de savoir si les dix-huit types de sourires identifiés par le professeur Ekman, de l'université de Californie à San-Francisco s'appliquent pareillement aux non-occidentaux. Les dix-huit qu'il a identifié sont les suivants, on les reprend tels quels du blog de la clinique dentaire Charles Trottier mais vous retrouverez l'article original ici :

 

  1. le sourire rictus de politesse
  2. le sourire gêné (je ne connais personne)
  3. le sourire soulagé pincé (oups, on l’a échappé belle)
  4. le sourire épuisé (celui de bonheur après une longue course)
  5. le sourire sadique (il déborde notamment de jalousie)
  6. le sourire excédé (exprime notre agacement)
  7. le sourire endurant (il prend son mal en patience, c’est bientôt fini)
  8. le sourire diplomatique (un sourire de métier comme on dit)
  9. le ravissement extatique (la vie est belle et merveilleuse)
  10. le sourire caricatural (imitation de la joie, un peu forcé)
  11. le sourire préoccupé (la situation est réellement embarrassante)
  12. le sourire méprisant (on est un peu méchant en cachette)
  13. le sourire ironique (bienvenue au sarcasme)
  14. le sourire simulé (pour cacher une émotion de faiblesse)
  15. le sourire ravi (devant un bébé)
  16. le sourire chaleureux (celui d’une mère pour encourager son enfant)
  17. le sourire méditatif (style Bouddha, rempli de compassion)
  18. le sourire amoureux (le plus communicatif)

 

Notre sourire dépend donc de nos émotions. Le nombre des sourires, qui est fixé à dix-huit par ce chercheur américain, en compte pourtant encore plus dans la langue française qui les qualifie de crispé, forcé, moqueur, franc, complice, malicieux, figé, faux, mesquin, narquois, nerveux, jaune, radieux, triste, taquin, goguenard voire encore sardonique ou carnassier. On en compte donc trente-six qui ne sont toutefois pas aussi prégnants dans nos formes de communications non verbales, qu'elles soient africaines ou européennes, qu'ils ne le sont dans un pays comme la Thaïlande. J'en donne pour preuve le référencement fait dans le dictionnaire du Royal Institute of Thailand qui en donne les différentes significations. Autant dire qu'au pays de la Terre de l'Eléphant blanc, nous serions tous perdus devant ce moyen de communication qui semble disposer d'un vocabulaire plus riche que dans le reste du monde. Quand le chercheur québécois nous parle de "dialecte culturel" il choisit donc bien son concept.

 

L'étude du sourire est donc un sujet sérieux qui ne consiste pas à brasser de l'air chaud. Si le sourire a un intérêt communicationnel majeur, il a également un intérêt esthétique important.

 

Un rôle esthétique incontournable

Nous avons toujours rêvé d'avoir un sourire qui allie la puissance du sourire de Julia Roberts à la perfection du sourire joyeux de Will Smith ou celui, plus de circonstance, de Kate Middleton. C'est le sourire hollywoodien qui nous vient donc à l'esprit lorsque l'on s'imagine la perfection d'un sourire. Celui que les amoureux des anglicismes caractérisent de "Bright", "Ultra-Bright, "White" ou plus sobrement de "Colgate". Pourtant, la réalité n'est pas celle qui se trouve sous les projecteurs de plateaux. Un sourire naturel est bien souvent celui des dents du bonheur de Vanessa Paradis ou de Yannick Noah, quand il n'est pas celui de Laeticia Casta à laquelle on a trop souvent proposé de se faire refaire les dents.

 

Le petit détour par l’orthodontie semble être la voie royale du sourire des tapis rouges. Ne nous y trompons pas, se remettre le râtelier à l'endroit n'est pas la dernière mode des stars qui l'allient aujourd'hui aux facettes dentaires. Les facettes dentaires ? Rien à voir avec la boule à facettes mais bien plutôt avec les faux ongles. Les facettes dentaires sont des habillages en porcelaine ou en céramique qui viennent épouser la forme de chacune des dents. Et ça envoie de la blancheur. Plus besoin de se faire blanchir les dents régulièrement, les facettes dentaires ont une durée de vie supérieure à 20 ans.

 

Par contre, leur pose n'est pas accessible à toutes les bourses. Il faut tout de même compter entre 300 et 800 euros par pièce en France. Un voyage à l'étranger peut donc s'imposer pour nous. Sauf si vous avez 15 000 euros que vous ne savez pas comment utiliser mis à part les placer dans votre bouche. Une manière comme une autre, diront certaines, de manger son argent pour croquer la vie à pleine dents !

Sourire avant-après la pose de facettes dentaires

KOUBI S., WEISROCK G, MARGOSSIAN P, LABORDE G. Gestion d’un échec d’une réhabilitation d’un sourire à l’aide de facettes en céramique: à propos d’un cas clinique. Revue d’Odonto-Stomatologie. 2011;33‐50.

 

Faut-il toutefois s'embarquer dans ce genre de frais pour profiter d'un sourire heureux, ce sourire béat qui illumine notre visage ? Le sourire hollywoodien ne serait pas le nec plus ultra du sourire. Une étude parue dans Plos One en 2017 et portant sur les propriétés dynamiques de sourires réussis (il y en a des ratés...) nous renseigne sur ce qu'est un sourire réussi. Un peu comme dans l'étude québécoise, les chercheurs américains ont mené une série de tests permettant de déterminer qu'un sourire réussi n'est pas nécessairement un sourire par lequel l'on découvre toute sa dentition comme le font les adeptes du sourire de star. Selon que notre sourire possède un angle bas, moyen ou haut, le découvrement des dents n'aura pas le même impact, voire même un impact négatif. Si notre sourire est droit et que nous essayons de montrer nos dents comme Tom Cruise ou le prince William, notre sourire va plutôt montrer de la peur que de la joie. De plus, l'étude révèle qu'un sourire réussi est un sourire asymétrique. N'allons pas imaginer par là que nous devons sourire plus à droite qu'à gauche. L'asymétrie se compte en millisecondes, soit un délai inférieur à 125 millisecondes qui va voir le zygomatique droit ou gauche tirer le sourire plus vite que son comparse de la joue d'en face. Au-delà, on va considérer notre sourire comme un sourire de façade de la même façon que si l'on fait un sourire parfaitement symétrique.

 

Vous avez suivi ? En résumé, notre sourire dépend de notre morphologie. En l'espèce, quand on sourit réellement, il n'y a pas besoin de se poser mille et une questions, ça se fait tout seul. Il n'y a donc que pour les sourires à la Instagram ou à la photo de famille que vous devez vous poser des questions existentielles. La sincérité du sourire est la clef. Le "sourire social" qui n'active que nos lèvres reste un sourire hypocrite puisqu'il témoigne une satisfaction, une joie ou une sympathie simulée.

 

Si nous avons les dents jaunes, des dents cassées ou manquantes, ce n'est pas un drame. Le sourire est communicatif et l'on reconnaît toujours un véritable sourire, même dans la bouche d'une vieille mamie édentée. C'est comme ça, on ne s'attache pas à ce détail dans le partage des sentiments. Les yeux qui brillent suffisent à eux seuls à nous contenter à nous faire rendre le sourire.

 

Je vous ai parlé du sourire dans son rôle de communication, dans son rôle esthétique mais je ne vous ai pas encore parlé de ce glissement qui s'opère dans notre siècle par le développement de plus en plus malheureux du sourire publicitaire.

 

Le sourire comme marqueur culturel

 

Autant j'ai pu critiquer l'affaiblissement de la diversité culturelle dans l'article que je vous avais proposé sur les cheveux, autant cette normalisation de l'apparence se reflète dans le sourire. Bien que le sourire n'ait pas toujours été à la mode, particulièrement dans les siècles précédents le XIXème, du fait notamment du manque de soins dentaires et de la malnutrition, qui ne permettaient même pas de sauver les dents du Roi Louis XIV, le sourire a fait une apparition remarquée à partir des années 1760, notamment par la visite du physicien écossais Tobias Smollet qui dira son irritation d'avoir eu un hôte parisien constamment souriant. Sur ce point, il semble que les choses aient légèrement changé à Paris.

 

D'ailleurs, comme le fait remarquer l'institut de recherche historique de Londres, le fait qu'un physicien écossais remarque une telle différence entre le sourire des français et le visage morose des britanniques n'ait pas sans poser question sur l'aspect culturel de cette expression des sentiments. Le sourire ne serait peut-être pas un phénomène aussi naturel, aussi inné, qu'il n'y paraît. Ce qui repose la question darwinienne de l'inné et de l'acquis, l'acquis pouvant devenir innée (si si, vous avez bien lu).

 

Dans notre époque contemporaine, l'Europe n'est plus influencée par la France. Ce sont les Etats-Unis qui, au contraire, influencent le monde via les nouvelles technologies de l'information et de la communication, notamment. Ainsi, le sourire à l'américaine, ou "sourire hollywoodien", a fait son entrée par la grande porte pour former un canon de la beauté. La docteure Lavasseur-Tosolini nous explique d'ailleurs d'où vient la blancheur aveuglante de ce sourire. "Aveuglant" est un mot que je n'usurpe presque pas au vu du contexte.

 

Les films hollywoodiens de l'époque étant en noir et blanc, les stars se faisaient appliquer des facettes sur les dents durant le temps du tournage pour que leur sourire ressorte à l'écran. Les avancées de la dentisterie font que les facettes peuvent maintenant tenir sur les dents plusieurs années au lieu de quelques semaines. L'Ultra-Bright smile peut donc devenir la nouvelle référence. C'est d'ailleurs ainsi que, dans nos sociétés occidentales, le sourire gingival est devenu inesthétique car sortant de la norme. Si vous ne voyez pas de quoi il s'agit, le sourire gingival est un sourire qui laisse apparaître plus de 3mm de gencive.

 

Nul doute pourtant que le sourire à l'américaine n'a rien de naturel car, pour garder des dents d'une telle blancheur sans courir chez le dentiste il est nécessaire, d'une part, de se brosser les dents quatre fois par jour et, d'autre part, de ne pas avoir les dents naturellement jaunes. En effet, il n'est pas rare que nous ayons un émail fin qui laisse plus apparaître la dentine qui est de couleur jaune.

 

Donc, si nous n'avons pas toutes et tous un sourire Colgate, ne nous faisons pas de bile, cela peut être génétique. Rien ne sert donc de courir après la mode à l'américaine. Après, si vous gagnez au loto ou que vous montez une affaire florissante, bien vous en prendra de partager vos revenus avec votre dentiste ; le sourire étant devenu un signe extérieur de richesse.

 

Pourquoi un type de sourire est-il devenu une norme ?

C'est bien simple. Les études qui se sont penchées sur la beauté du visage par exemple, ont toutes conclu qu'un beau visage répondait au type moyen présent au sein de l'espèce. Ces résultats correspondent à un concept dénommé "concept de forme" par les psychologues. La beauté est donc ce qui est conforme à l'environnement social.

 

Je ne vais pas vous faire de dessin quant à la parfaite domination du modèle esthétique américain. Ainsi, si l'on prend les chiffres de l'année 1998, les 38 films les plus populaires en salle étaient américains avec un chiffre d'affaire identique réalisé sur le marché américain et dans le reste du monde. Idem pour les dix premiers films du box-office 2004 et les 50 plus gros succès du box-office mondial sont tous américains.

 

Le tournant de la seconde guerre mondiale et l'arrivée des images de Pin-up dans les poches des GI's a modifié profondément notre façon de sourire. Alors, vous allez me dire, est-ce bien un bout de papier dans les poches d'un bidasse qui peut impacter autant les cultures ? Non, bien entendu. Derrière ce soldat il y avait la machine industrielle américaine du New-Deal qui apportait sur les marchés européens les produits et les publicités qui vont avec.

 

Le sourire publicitaire est de ceux-là. Ce sourire sur-joué qui est la façade de vente de toutes les grandes marques. Vous voyez de quoi je veux parler ? Non, bein sortez et regardez les panneaux publicitaires. Celui de votre abri bus, celui de votre panneau publicitaire qui fait le coin dans votre quartier. Celui qui tourne et qui est attaché à la façade de cette maison grise.

 

Sur le sol américain justement, ont été étudiés les trombinoscopes des lycées sur une durée de 120 ans. L'évolution du sourire est sans appel : les lycéens, qui d'abord ne sourient pas de 1900 à 1910, commencent à arborer un sourire qui cache encore les dents à partir des années 1930 puis qui laisse apparaître les dents, dès les années 40 pour les femmes avant de se transformer en ce que l'on considère aujourd'hui comme un sourire franc : celui de la dentition bien affichée.

Etude sur 120 ans de trombinoscopes des lycées américains
Source :  

https://people.eecs.berkeley.edu/~shiry/projects/yearbooks/yearbooks.html

 

Les scientifiques ne se sont pas arrêtés en si bon chemin et ont tenté de définir un nombre d'or, une mesure mathématique permettant de mesurer le sourire idéal. Le beau devient chiffres. Mais, les études sur le sujet n'ont jamais permis de démontrer l'existence d'une divine proportion dans l'appréciation de la beauté. Heureusement la beauté reste subjective.

 

Avec l'ombre de l'eugénisme qui plane sur nos têtes, nos contemporains et nos descendants ne pourront au moins pas imposer une conception mathématique de la beauté sauf s'ils venaient à en imposer un par concept de forme. Nous n'en sommes heureusement pas là pour le moment. La diversité de nos sourires (ou de nos non-sourires), qui a déjà pris un sacré coup dans l'aile au XXème siècle, reprendra peut-être un jour ses droits.

 

Ne pas sourire aujourd'hui, comme il en était de coutume aux siècles passés en société, est un signe d'anormalité. Cette dictature du sourire n'est pas passée inaperçu et Le Monde comme l'Express, étaient entrés dans le XXIème siècle avec le même constat, chiffres à l'appui :

 

  •  5% d'augmentation par an des honoraires des orthodontistes de 1995 à 2000 (chiffre supérieur à l'évolution du PIB),

 

  •  60 euros le kit de blanchiment des dents au lieu de 15 000 francs à l'époque de cette ancienne monnaie (soit environ 2500 euros).

 

Et l'article de l'Express de conclure que "celui qui ne sourit pas est qualifié d'ennuyeux." Alors, tous et toutes à nos smileys et à nos selfies en gardant toutefois à l'esprit que le premier vendredi du mois d'octobre de chaque année est la journée mondiale du sourire. Entraînons-nous pour être prêtes et prêts en temps voulu et arborer un sourire qui ne soit ni celui d'un Hisoka ni celui d'un Voldemort.


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